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Notre Notaire

Le recours au notaire, expliqué.

Comprendre

Aucun tarif officiel ne fixe les honoraires des notaires au Québec

Chaque notaire fixe ses honoraires, sous des règles déontologiques précises : prix juste et raisonnable, estimation préalable, facture détaillée. Ce qui fait vraiment varier une facture, c'est moins le notaire que la part de la facture qui ne lui revient pas.

La rédactionPublié le 06/09/2026Mis à jour le 19/09/2026

« Combien coûte un notaire ? » est une question sans réponse chiffrée honnête. Il n’existe pas au Québec de grille officielle qui fixerait le prix d’un testament, d’un mandat de protection ou d’un acte de vente. Chaque notaire établit ses honoraires, et les écarts entre deux études peuvent être réels. Les chiffres qui circulent en ligne sont des moyennes relevées par des tiers, sans valeur réglementaire, et vieillissent vite.

Ce qui existe, en revanche, ce sont des règles sur la façon de fixer, d’annoncer et de facturer ces honoraires. Les connaître permet de comparer deux estimations et de contester une facture.

Des honoraires libres, mais encadrés

La Chambre des notaires du Québec l’indique : les notaires fixent eux-mêmes leurs honoraires, dans le respect du Code de déontologie des notaires. Ce règlement pose trois principes.

Des honoraires justes et raisonnables. Ils doivent être justifiés par les circonstances et proportionnés aux services rendus. Le Code de déontologie retient pour cela une série de facteurs, parmi lesquels le temps consacré au dossier, la difficulté et l’importance de l’affaire, le caractère inhabituel du service ou l’expertise qu’il exige, la responsabilité assumée et l’urgence. La liste exacte se lit dans le règlement lui-même.

Une estimation préalable. Le notaire doit prévenir son client du coût approximatif de ses services. Une estimation n’est pas un prix ferme : si le dossier se complique, le montant peut évoluer, mais le client doit en être informé.

Une facture compréhensible. Le notaire doit donner à son client les explications nécessaires à la compréhension de son relevé d’honoraires. Une facture qui mélange honoraires, débours et taxes sans les distinguer ne respecte pas l’esprit de cette règle.

Ce qui compose une facture

Une facture notariale se lit en trois parties. La confusion entre elles explique la plupart des surprises.

PosteDéfinitionQui en fixe le montant
HonorairesRémunération du travail du notaire : analyse, rédaction, rencontres, signature, suiviLe notaire, dans les limites déontologiques
DéboursSommes avancées par le notaire pour le dossier et refacturées sans profit : publication, recherches, copies, frais d’envoiL’organisme concerné, souvent selon un tarif réglementé
TaxesTPS et TVQ applicables aux services taxablesLes lois fiscales fédérale et québécoise

Les débours varient selon le dossier et ne dépendent pas du notaire. La publication d’un acte au Registre foncier donne lieu à des droits fixés par règlement. Une recherche dans les registres des testaments et des mandats est facturée par l’ordre professionnel qui tient le registre.

Les taxes de vente s’appliquent aux honoraires. Leur application à certains débours dépend de leur nature ; Revenu Québec publie les règles de la TVQ et l’Agence du revenu du Canada celles de la TPS.

Les frais qui ne sont pas des frais de notaire

Dans un achat immobilier, une partie importante de ce que l’acheteur appelle « les frais du notaire » ne va pas au notaire.

  • Les droits sur les mutations immobilières, dits « taxe de bienvenue », sont perçus par la municipalité en application de la Loi concernant les droits sur les mutations immobilières. Ils sont facturés par la ville après l’achat.
  • Le certificat de localisation est préparé et facturé par un arpenteur-géomètre.
  • Les ajustements de taxes municipales et scolaires, ou de charges de copropriété, rééquilibrent ce qu’ont payé le vendeur et l’acheteur. Ils transitent par le compte en fidéicommis du notaire sans le rémunérer.
  • L’inspection préachat est facturée par l’inspecteur.

Le détail de ces postes figure dans la note achat de maison.

Ce qui fait varier le prix d’un même acte

À acte identique, plusieurs éléments modifient le travail requis, donc les honoraires.

SituationEffet sur le travail
Testament simple ou testament avec fiducie pour des enfants mineursRédaction plus longue, clauses d’administration
Mandat de protection seul ou préparé avec le testamentRencontres regroupées
Maison unifamiliale ou copropriété diviseVérification de la déclaration de copropriété et des documents du syndicat
Titres clairs ou anomalies dans la chaîne des propriétairesRecherches et correctifs supplémentaires
Succession sans testament ou avec testament notariéRecherches, vérification éventuelle d’un testament, identification des héritiers
Homologation d’un mandat au tribunal ou devant notaireProcédure plus ou moins prise en charge

Le mode de facturation varie aussi. Pour les actes courants, beaucoup de notaires proposent un prix forfaitaire. Pour un règlement de succession ou un dossier complexe, la facturation au temps est fréquente. Les deux sont permis ; l’important est que le mode retenu soit annoncé.

Comparer deux estimations

Deux estimations ne se comparent utilement que si elles couvrent le même périmètre. Quelques points à faire préciser par écrit :

  • ce que comprend le montant annoncé, et ce qui sera facturé en plus ;
  • la distinction entre honoraires, débours et taxes ;
  • le mode de facturation, forfaitaire ou au temps, et le taux horaire le cas échéant ;
  • ce qui déclencherait un dépassement de l’estimation ;
  • le moment du paiement, et la retenue éventuelle sur les fonds en fidéicommis.

Un prix sensiblement plus bas qu’ailleurs peut s’expliquer par un service plus limité : moins de rencontres, un modèle plus standard, un suivi réduit. Ce n’est pas nécessairement un mauvais choix, mais il faut le savoir avant de signer.

Contester une facture

Un client qui estime une facture excessive peut d’abord en discuter avec le notaire, qui doit lui expliquer son relevé. Si le désaccord persiste, le Code des professions oblige chaque ordre professionnel à offrir une procédure de conciliation et d’arbitrage des comptes. À la Chambre des notaires, cette demande se présente selon les règles et dans les délais fixés par règlement ; ils se vérifient auprès de l’ordre avant d’engager la démarche.

Cette procédure porte sur le montant des honoraires. Un manquement professionnel, comme une faute dans un acte, relève d’une autre voie : le signalement au syndic de la Chambre des notaires. Les sommes confiées en fidéicommis sont en outre couvertes, à certaines conditions, par le fonds d’indemnisation de l’ordre.

L’aide financière

Pour les personnes à faibles revenus, l’aide juridique peut couvrir certains services, selon des critères d’admissibilité financière et la nature du dossier. Les services couverts et les seuils changent : ils se vérifient auprès de la Commission des services juridiques. Certaines démarches non notariales, comme une partie de la médiation familiale, sont par ailleurs prises en charge par l’État.

Où vérifier

Les règles sur les honoraires figurent dans le Code de déontologie des notaires, règlement pris sous le Code des professions (RLRQ, c. C-26) et consultable sur LégisQuébec. C’est aussi le Code des professions qui oblige chaque ordre à offrir une procédure de conciliation et d’arbitrage des comptes. Le statut du notaire relève par ailleurs de la Loi sur le notariat (RLRQ, c. N-3). La Chambre des notaires du Québec explique les honoraires dans sa foire aux questions et renseigne sur la procédure de conciliation ; c’est auprès d’elle que se vérifient les délais applicables à une demande de conciliation.

Les droits de mutation relèvent de la Loi concernant les droits sur les mutations immobilières ; les taxes de vente sont documentées par Revenu Québec et l’Agence du revenu du Canada. L’admissibilité à l’aide juridique se vérifie auprès de la Commission des services juridiques.

Page revue le 19 septembre 2026. Aucun montant n’est publié ici : aucune source publique datée ne fixe un tarif de référence pour les actes notariés.

Sources

Les références citées dans cette page renvoient au texte en vigueur à la date indiquée.