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Le testament devant témoins exige deux témoins qui ne sont pas légataires

Un modèle acheté en ligne, deux amis autour de la table, trois signatures : le testament devant témoins paraît simple. Il suffit pourtant d'un témoin mal choisi, d'une page non paraphée ou d'un témoin introuvable au décès pour que les héritiers en paient le prix.

La rédaction Publié le 19/09/2026 Mis à jour le 19/09/2026

Le testament devant témoins occupe une place intermédiaire entre le testament olographe, écrit à la main par la personne seule, et le testament notarié, reçu par un notaire. Il a un avantage pratique évident : il peut être tapé à l’ordinateur, rédigé à partir d’un modèle ou préparé par un professionnel du droit, puis signé sans passer devant notaire. Cette souplesse a une contrepartie. Sa validité dépend entièrement du déroulement de la signature, et c’est au décès, quand personne ne peut plus corriger l’erreur, qu’on vérifie si ce déroulement était conforme.

Une des trois formes admises

Le Code civil du Québec reconnaît trois formes de testament : notarié, olographe et devant témoins. Aucune autre n’est admise. Le testament devant témoins obéit aux règles de forme de sa section du Code civil, au chapitre sur les formes des testaments.

Éducaloi en résume les caractéristiques : il peut être écrit à la main ou à l’ordinateur ; la personne peut le rédiger elle-même ou le faire rédiger par une autre personne, par exemple un avocat ; elle peut aussi utiliser un modèle vendu en magasin ou sur Internet.

Testament olographeTestament devant témoinsTestament notarié
RédactionEntièrement à la main par la personneÀ la main ou à l’ordinateur, par elle ou un tiersPar le notaire, selon les volontés exprimées
TémoinsAucunDeuxUn, ou deux dans des cas particuliers
Vérification au décèsOuiOuiNon
Inscription à un registreNon, sauf dépôtAu registre du Barreau s’il est préparé par un avocatAu registre de la Chambre des notaires

Qui peut servir de témoin

Éducaloi pose deux conditions : les témoins doivent être des personnes majeures et aptes, et ils ne peuvent pas être des bénéficiaires du testament, par exemple des héritiers.

La seconde condition est celle qui se rate le plus souvent. Le réflexe naturel est de demander à ses proches, qui sont justement ceux à qui l’on lègue ses biens. Le Code civil protège la personne qui teste contre les pressions de ceux qui assistent à la signature, et Éducaloi présente le legs fait au témoin comme privé d’effet. Le témoin risque alors de perdre ce qui lui était destiné, et la répartition prévue s’en trouve bouleversée. La portée exacte de cette sanction se lit dans le chapitre du Code civil sur les legs.

Quelques repères pour choisir :

  • un voisin, un collègue ou un ami qui ne reçoit rien est un choix plus sûr qu’un enfant ou un conjoint ;
  • une personne joignable longtemps facilitera la vérification au décès, qui s’appuie sur la déclaration d’un témoin ;
  • une personne en mesure de témoigner des circonstances de la signature, si elles sont un jour contestées, rend service à la succession.

Le liquidateur n’est pas un légataire du seul fait de sa désignation. La prudence invite tout de même à éviter les situations où un témoin pourrait être perçu comme intéressé.

La signature, étape par étape

La cérémonie tient en quelques minutes, mais son ordre compte. Éducaloi la décrit ainsi.

  1. La personne qui teste signe le testament en présence de ses deux témoins.
  2. Les deux témoins signent à leur tour, pour confirmer qu’il s’agit bien de son testament et de sa signature.
  3. Chaque page est paraphée ou signée par la personne et par les témoins lorsque le testament n’a pas été écrit à la main par la personne elle-même, par exemple s’il est tapé à l’ordinateur ou rédigé par quelqu’un d’autre.

Les témoins n’ont généralement pas besoin de lire le testament : ils attestent la signature, pas le contenu. Une exception existe : si la personne ne peut pas lire le testament elle-même, l’un des témoins doit lui en faire la lecture en présence de l’autre.

Les erreurs qui reviennent

Les litiges autour des testaments devant témoins portent rarement sur des subtilités. Ils portent sur des gestes simples.

ErreurConséquence possible
Un témoin est aussi légataireLe legs à ce témoin est privé d’effet
Les témoins signent un autre jour, hors de la présence de la personneLa forme n’est pas respectée : la validité se discute devant le tribunal
Pages tapées à l’ordinateur non paraphéesDoute sur l’intégrité du document, risque de substitution de pages
Témoin mineur ou inapteTémoin non valable
Aucune date ni indication de lieuDifficulté à établir quel testament est le plus récent

Le Code civil prévoit une soupape pour les testaments qui s’écartent de la forme sur un point secondaire, à condition qu’ils respectent les exigences essentielles et contiennent de façon certaine les dernières volontés de la personne. Mais cette soupape suppose un débat devant le tribunal. Elle ne remplace pas une signature faite correctement.

Au décès, la vérification

Comme le testament olographe, le testament devant témoins doit être vérifié après le décès. Éducaloi précise que cette obligation s’applique même lorsque le testament a été rédigé par un avocat. La vérification a lieu devant notaire ou devant le tribunal.

Pour un testament devant témoins, la procédure repose notamment sur une déclaration assermentée de l’un des témoins. C’est ici que le choix des témoins, fait des années plus tôt, produit ses effets : un témoin décédé, parti sans laisser d’adresse ou incapable de se souvenir de la signature complique la démarche. La vérification elle-même, ses pièces et ses délais sont présentés dans la page sur le testament notarié.

Pendant la vérification, la succession reste gelée. Éducaloi rappelle aussi que la vérification porte sur la forme du testament et n’empêche pas une contestation ultérieure de son contenu.

Conserver le document

Le testament devant témoins rédigé seul n’est inscrit à aucun registre. Il peut être perdu, détruit ou abîmé, et les proches peuvent ne jamais savoir qu’il existe. Éducaloi signale une différence lorsque le testament est préparé par un avocat : il est alors inscrit au registre des testaments du Barreau du Québec, ce qui permettra à la personne chargée de la succession de le retrouver.

Dans les autres cas, il appartient à la personne de le ranger en lieu sûr et de faire savoir à un proche de confiance où il se trouve, sans nécessairement en dévoiler le contenu.

Ce qu’il faut retenir

Le testament devant témoins est valable, accessible et adapté à bien des situations simples. Sa solidité tient à trois choix : deux témoins majeurs, aptes et étrangers aux legs ; une signature en présence de tous, avec chaque page paraphée si le texte n’est pas manuscrit ; et une conservation qui permettra de le retrouver. Les héritiers devront, dans tous les cas, passer par la vérification.

Ce billet présente les règles générales et ne se prononce sur aucun testament particulier. Un doute sur la validité d’un document déjà signé relève d’un notaire ou d’un avocat.

Où vérifier

Informations vérifiées le 14 septembre 2026.

  • Éducaloi, capsules « Les trois types de testaments », « Rendre officiel un testament non notarié : la vérification » et « Faire son testament sur Internet » : educaloi.qc.ca.
  • Code civil du Québec, livre des successions, chapitre sur les formes des testaments et chapitre sur les legs, version en vigueur : LégisQuébec.
  • Chambre des notaires du Québec, information sur la recherche testamentaire et la vérification devant notaire : cnq.org.

Les numéros d’articles n’ont pas pu être relus sur LégisQuébec à la date de rédaction : consultez directement le chapitre du Code civil cité.

Sources

Les références citées dans cette page renvoient au texte en vigueur à la date indiquée.